Être bilingue pour retarder la maladie d'Alzheimer

Alors que la maladie d’Alzheimer connaît une progression inquiétante au Canada, des chercheurs se sont penchés sur le cas du bilinguisme et son effet possible contre les symptômes de cette maladie dégénérative. Être bilingue permet-il de retarder la démence chez les personnes atteintes d’Alzheimer ?

Être bilingue, un avantage pour le cortex cérébral

Natalie Phillips, professeure au département de psychologie à l’Université Concordia, ainsi que plusieurs chercheurs, ont analysé par IRM les cerveaux de 94 patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Ils ont alors remarqué qu’un cerveau malade bilingue possédait un cortex cérébral plus épais que le cerveau d’une personne unilingue. « Notre étude donne à penser que les personnes multilingues sont en mesure de compenser la perte de tissus liée à la maladie d’Alzheimer, car elles accèdent à d’autres réseaux ou régions du cerveau pour traiter la mémoire », explique Natalie Phillips au Journal de Montréal.

Devenir bilingue pour retarder Alzheimer
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Comment le bilinguisme agirait sur notre cerveau

Selon d’autres études, être bilingue permettrait de faciliter la capacité à jongler d’une tâche à l’autre. Parler plusieurs langues aiderait aussi le cerveau à faire le tri entre informations importantes et superflues. De plus, cela ralentirait la perte de neurones et donc le rétrécissement du cortex. En moyenne, le bilinguisme contribuerait à retarder l’apparition de l’Alzheimer de quatre ans et demi.

Ce n’est pas la première fois que des études se penchent sur les bienfaits du bilinguisme. Récemment, la Dre Ana Inés Ansaldo, chercheuse à l’Institut de gériatrie de Montréal, a étudié le fonctionnement du cerveau d’une vingtaine de personnes âgées, dont la moitié était bilingue, et l’autre unilingue. Face à un problème donné, elle a remarqué que les personnes bilingues étaient plus économes sur les zones du cerveau qu’elles utilisaient.

Cela expliquerait pourquoi les personnes bilingues montrent des signes de démence plus tardivement. Même si la maladie est là, les bilingues s’arrangent avec d’autres zones du cerveau. Être bilingue, ou apprendre une seconde langue, serait donc un vrai avantage pour vieillir en bonne santé.